En France, la semaine de la mobilité 2021 enregistre une poussée du vélo

COMMENCEZ. Le premier fruit des politiques publiques ? La crise du Covid-19 ? Un vrai changement socio-économique ? En profitant de la vingtième édition de la Semaine européenne de la mobilité, l’Agence de la transition écologique (Ademe) vient de mesurer les progrès de l’usage du vélo (hors sport). C’est un véritable « accroissement » des services cyclistes auquel nous assistons en France. « Le recours à ce moyen d’aller travailler, faire ses courses ou faire des affaires se multiplie avec les offres de location longue durée, l’arrivée massive de vélos à assistance électrique (VAE), la sécurisation des places de parking, le réseau d’ateliers », énumère Yann Tremeac, expert de la mobilité à vélo en France. Adème.

Entre 2015 et 2020, les offres de services ont doublé. Les vélos proposés à la location longue durée ont également doublé, et l’arrivée massive des VAE change la donne. « Mieux, parkings sécurisés, ateliers de réparation, l’offre de VAE ne sont plus des privilèges pour les grandes villes, mais se développent aussi en banlieue et à la campagne », se félicite Élodie Trauchessec, experte en mobilité. L’Ademe note la complémentarité des services offerts principalement par les collectivités locales et les régions. Des solutions pérennes de location et d’achat permettent de basculer vers le vélo, tandis que les ateliers, la sécurisation des parcours par des pistes cyclables et les possibilités de parking permettent de poursuivre la pratique.

La pratique quotidienne du vélo reste largement minoritaire

Un glissement qui fait encore peur s’opère de la voiture – encore hégémonique dans les déplacements quotidiens avec 63% des trajets même courts – vers le vélo, qui ne représente que 3%. Selon l’enquête mobilité de 2019, les Français passent encore 6h50 par semaine à parcourir 80 kilomètres, une distance bien à portée des mollets. L’étude de l’Ademe montre que les progrès du vélo ne se font pas au détriment des transports en commun, mais sont en fait dus à une « démotorisation » des ménages. 183 kilomètres par mois en voiture sont évités en moyenne par un utilisateur de vélo classique et 236 kilomètres par les concierges. Ceci pourrez vous intéresser : Comment ouvrir une trotinette cars. 13% des abonnés à un service de location longue durée de VAE ont renoncé à acheter une voiture et 12% ont même divorcé de la voiture. 63 % des bénéficiaires de l’aide à l’achat local déclarent avoir réduit l’usage de leur voiture. 500 000 UAE ont été vendues en 2020 en France, dont la plupart ont remplacé la voiture.

Le « cyclisme » tel qu’annoncé par une célèbre association cycliste nationale n’en est donc qu’à ses balbutiements. Les marges de progrès sont énormes. La moitié des salariés français habitent à moins de 8 kilomètres de leur lieu de travail, et selon l’étude mobilité de la Fondation Nicolas Hulot (FNH), un Français sur deux admet pouvoir se rendre au travail à vélo. Le principal argument invoqué pour justifier de ne pas agir n’est pas l’effort ou l’absence de douche sur le lieu de travail, mais la sécurité lors des déplacements. La France compte un peu plus de 30 000 kilomètres de pistes cyclables.

Velo electrique 36v ou 48v
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12% de part de déplacement en vélo en 2030

Autre obstacle : les entreprises se sont peu emparées de la question et proposent donc rarement des places de parking sécurisées. Enfin, le cyclisme reste l’apanage des hommes de 30 à 55 ans appartenant aux catégories professionnelles supérieures. Les femmes, les classes populaires et les jeunes sont peu actifs. « On voit bien que le vélo, qui était signe de pauvreté il y a 50 ans, est désormais utilisé par les catégories les plus riches », s’amuse Élodie Trauchessec. Ceci pourrez vous intéresser : Comment démarrer une trotinette electrique. 10 % de la population française circulait quotidiennement à vélo en 1970. Cette proportion est tombée à 2 % et vient de passer à 3 % avec le premier véritable effort budgétaire et politique inscrit dans la loi et la réglementation en moins d’une décennie. Le plan vélo décidé en 2018 vise à récupérer 9 % de la part des déplacements en 2024 et 12 % en 2030, ce qui représente l’usage du vélo en Allemagne… aujourd’hui !

L’étude de l’Ademe montre que les mesures mises en place ont un effet. Les collectivités locales semblent l’avoir compris en proposant désormais des plans cohérents alliant aides à l’aménagement, mesures d’accompagnement et aménagements routiers. Lors de son dernier appel à projets sur la mobilité à vélo, le ministère de la Transition écologique a enregistré 254 projets collectifs impliquant 23 millions d’habitants en métropole et à l’étranger dans des zones rurales et urbaines peu peuplées. Preuve que l’intérêt se répand.

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